Evictions forcées: Le ministère des domaines sur la sellette
Source :  La Nouvelle Expression : Dernière Mise à jour : 10/12/2015
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Deux ans après les casses survenus sur l’axe Ndokoti – Pk14, les populations concernées continuent de crier leur mécontentement. Interrogés par La Nouvelle Expression ce mardi 8 décembre 2015, les victimes affirment mordicus : « Jusqu’à ce jour aucune explication officielle n’a été donnée pour justifier les raisons et l’intérêt de ces démolitions spontanées. Aucun projet n’a été réalisé pourtant des familles ont été laissées sans abri, il y a plus de 2 ans ». En colère et dans un total désarroi, les compatriotes accusent le Gouvernement représenté par le Ministère des domaines, du cadastre et des affaires foncières (Mindcaf) d’être la cause de leur malheur. « C’est plus de 3168 personnes qui ont été nuitamment évincées de force sans information préalable entre avril et mai 2013. Ce n’est pas ce que prévoit la loi. Mais non, les acteurs publics ne tiennent pas compte de la législation et passent outre. Nous ne faisons pas partie de leurs priorités », constatent les victimes qui disent n’avoir pour seul recours que la société civile. « En l’occurrence le Codas Caritas Douala. Les membres font tout leur possible pour voler à notre secours au quotidien dans les tribunaux et les rues », lancent les citoyens.

Plus loin, au lieu-dit Pk 14-17, les récriminations sont les mêmes depuis que l’Université de Douala a obtenu un décret d’utilité publique pour son extension sur 132 hectares, à Logbessou (arrondissement de Douala 3e). « Ce projet devait exproprier moins de 300 familles. Seulement dans son exécution, plus de 560 familles (soit 3 360 personnes
environ) ont été victimes des évictions forcées sur plus de 900 hectares, le 10 mars 2010. Une fois encore, cet acte ne s’est pas déroulé sans conséquences sur le plan individuel, familial et social. Impatiemment nous attendons toujours nos indemnisations et recasements », a-t-on confié à La Nouvelle Expression. Toutes choses qui poussent la société civile qu’il est nécessaire de revenir à l’ancienne forme, où l’occupation était valorisée. « Celle-là favorisait l’intégration et encourageait l’effort. Le Camerounais était partout chez lui et se sentait à l’aise. Depuis que l’accent est mis sur le fait que : être propriétaire c’est détenir un titre foncier, les problèmes se sont installés dans les communautés, qui vivaient jusque-là paisiblement », soulignent les membres de l’Ong Dynamique citoyenne.

Ils enchaînent : « nous invitons le Gouvernement, à travers son Mindcaf, d’ouvrir un véritable débat national sur la question foncière au Cameroun. Dynamique Citoyenne coordination du Littoral via le Codas Caritas Douala est disposée à participer activement à ce débat national sur cette question préoccupante aussi bien pour les citoyens qui ont besoin d’un toit, pour les agriculteurs et les éleveurs qui ont besoin d’une terre pour leurs activités que pour les investisseurs ». Le Comité Diocésain des activités Sociales Caritas (Codas Caritas Douala) est une Ong qui jouit de la même reconnaissance de fait de l’Eglise catholique au Cameroun, relative à l’accord de siège entre l’Etat du Cameroun et l’Etat du Vatican. Elle accueille les populations défavorisées ‘jeunes déscolarisés et scolarisés en quête d’un apprentissage pour un métier, en quête d’insertion socioprofessionnelle, femmes ou groupes de femmes, personnes âgées et des laisser-pour compte.





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