Cameroun/Positionnement: Joseph Le lance la Police contre ses camarades du Rdpc
Source :  Le Messager : Dernière Mise à jour : 21/11/2012
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Le directeur adjoint du cabinet civil de la présidence de la République  accuse certains de  ses pairs de vol et obtention frauduleuse de documents du parti au pourvoir dans ce département de la région  de l’Est.  Pas une seule élite administrative, intellectuelle ou politique rencontrée par Le Messager n’est restée indifférente à l’évocation d’une enquête de la police relative à  l’affaire de documents du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) comportant les données de  la  distribution des rôles entre les cadres du parti dans le Haut-Nyong. La plupart esquissent un rire… jaune. Fin octobre 2012, la caste comprenant la plus haute « élite » du coin était au bord de l’implosion.

Et pour cause, une enquête diligentée  par le cabinet du délégué général à la sûreté nationale (Dgsn) tentait d’élucider l’affaire de « vol  et d’obtention de documents par des menaces sous conditions » dont aurait été victime le directeur adjoint du cabinet civil de la présidence de la République, Joseph Le.
 
Ce dernier se plaignant d’avoir subi le 9 octobre 2012 à son cabinet de président du Conseil d’administration de la société de presse et d’édition du Cameroun (Sopecam) le vol de documents contenant des informations stratégiques sur le fonctionnement local du parti par des « camarades ennemis ». Raison pour laquelle, il instruisait « après haut accord du président de la République », le Dgsn  de mener une enquête sur les ressorts de ce coup de vol.

D’après nos sources,  ladite enquête ouverte le 17 octobre 2012  par Mbarga Nguélé aurait établi, après l’audition de plusieurs suspects entre le 18 et le 24 octobre 2012, que le document querellé est un fichier comportant les listes de tous les responsables chargés de la campagne au niveau local dans le cadre de l’élection présidentielle de 2011, laquelle devait aider  la nouvelle équipe désignée par le secrétaire général du comité central du Rdpc au déploiement de nouvelles équipes pour le  lancement de la campagne relative au début de la refonte des listes électorales  dans le département.
 
Autrement dit, la Police n’aurait pas établi qu’il y a eu vol desdits documents. Au contraire,  que ceux-ci ont été transmis par  le personnel du Pca de la Sopecam à la nouvelle  équipe chargée de  la campagne d’inscription sur les listes électorales et de l’organisation des festivités du 6 novembre 2012 sans aucune effraction ou pression.
 
Personnalité ressource
 
Seulement, outre avoir coûté son poste à Martine Nanga, secrétaire du Pca de la Sopecam, cette enquête dont parle sous cape, mais un brin amusé et irrité, la plupart des « élites » locales du Rdpc, a contribué à susciter la rivalité entre Joseph Le et le ministre de la Fonction publique (Minfopra), Michel-Ange Angouing entré au gouvernement le 11 décembre 2012. Car des proches du premier rencontrés par Le Messager  accusent l’entourage du second d’avoir fait main basse sur les documents de travail du parti en vue de les mettre à la disposition du néo ministre et nouveau patron départemental du parti.
 
Dans l’entourage du Minfopra, l’on argue que Joseph Le profite de sa situation de directeur adjoint du cabinet civil pour  garder la mainmise sur le fonctionnement local du Rdpc alors qu’une règle non écrite au sein du parti « administratif » qu’est le Rdpc veut que le plus haut fonctionnaire de chaque localité en soit « la première personnalité ressource et d’accompagnement ».Or, Joseph Le a rang et prérogative de secrétaire d’Etat alors que Michel-Ange Angouing est titulaire d’un portefeuille ministériel.
 
Cette crise de leadership qui divise les cadres du « parti du flambeau » entre pro-Le et pro-Angouing (nouveau patron du parti dans le département)  et autres militants pourrait être  renforcée avec l’entrée en jeu d’un troisième acteur : Jean-Baptiste Bokam. Celui-ci pourrait bien faire valoir son ancienneté au gouvernement. Car, quoiqu’occupant le poste de secrétaire d’Etat à la Défense (Sed), ce fils du Haut-Nyong a été, au cours des années 1990, ministre des Travaux publics.
 
Les relais locaux du Comité central du parti de Paul Biya  signalent à l’actif des bisbilles entre le Sed et Joseph Le, les questions d’ordre protocolaire. En l’occurrence, l’embarras des rédacteurs de motion de soutien qui ne savent pas toujours si au regard de la proximité de Joseph Le avec le Prince, ils doivent mentionner son nom avant celui du secrétaire d’Etat à la Défense. Simples caprices de cadors ?  On pense que non dans le Haut-Nyong.

 

Tant chaque leader compte positionner « ses hommes » au moment du renouvellement du sommier politique du Rdpc dont les opérations pourraient être lancées en 2013. Et chaque geste, chaque signe, la position d’un siège à la tribune au cours d’une  cérémonie officielle sont considérés comme un viatique pour le combat à mort du renouvellement des organes locaux du parti que sont sections, sous sections, comités de base, cellules du Rdpc, Ofrdpc et Ojrdpc.

Focal. Tout ça pour une liste...
 
Il serait naïf de penser que rien que pour la communication des listes des équipes de campagne, il s’ensuive une affaire d’Etat où le très haut accord du président de la République est sollicité ; où le délégué général de la Sûreté nationale est mis en mouvement. Il s’agit donc d’un simple  prétexte pour exorciser des haines politico-ethniques qui couvent dans le département du Haut-Nyong.

Comme dans le Dja et Lobo dans le Sud, le Nkam dans le Littoral, la Benoué dans le Nord hier, ou actuellement le Nyong et Mfoumou dans le Centre,  c’est le Haut-Nyong qui est surpeuplé aujourd’hui d’élites qui croient tenir leur maintien à la mangeoire ou leur ascension au contrôle du sommier politique du parti au pouvoir.
 
Et même si Paul Biya donne l’impression d’avoir réglé le problème en faisant du plus haut commis de l’Etat la première personnalité ressource de son parti à l’intérieur du pays, l’occupation d’autres postes dits de souveraineté en rajoute aux querelles, aux intrigues, aux médisances  entre les élites de chez nous. Au point où du haut de sa posture de directeur adjoint du cabinet civil, une personnalité accuse des frères-camarades de « vol ». Tout ça pour une banale liste !






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